Christiane ROCHEFORT (1917 - 1998) (6 Citations).
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| Source photo : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie/christiane-rochefort-1917-1998-l-ecrevisse-combattante-3428584 |
Citations de Christiane Rochefort. Article publié le 23/05/2026 à 16h18 et mis à jour le 01/08/2026 à 8h49.
"Plus un devoir était long, plus j'étais contente. La plume grattait, dans le silence. J'aimais ça. J'aimais la plume, le papier, et même les cinq petites lignes dans lesquelles il fallait mettre les lettres, et les devoirs les plus embêtants, les grandes divisions, les règles de trois, et j'aimais par-dessus tout l'analyse grammaticale. Ce truc-là m'emballait. Les autres filles disaient que ça ne me gênait pas. Même je crois que plus ça ne servait à rien plus ça me plaisait. J'aurais bien passé ma vie à faire rien que des choses qui ne servaient à rien." (Rochefort, Christiane. Les petits enfants du siècle.- Paris : Librairie générale française, 1975, p. 24, Le livre de poche).
"Il faisait nuit. Presque toutes les fenêtres des grands blocs neufs, de l'autre côté de l'Avenue, étaient éclairées. Les blocs neufs étaient de plus en plus habités. Un bloc fini, et hop on le remplissait." (Rochefort, Christiane. Les petits enfants du siècle.- Paris : Librairie générale française, 1975, p. 19, Le livre de poche).
"Ca me faisait toujours plaisir quand je la voyais arriver de loin, avec ses grands cheveux noirs, et son sourire. Fatima et moi, on se comprenait. Mais elle partit, ils allaient dans les grandes maisons de Nanterre, parce qu'ici ils n'avaient plus assez de place. Ils étaient onze dans trois pièces." (Rochefort, Christiane. Les petits enfants du siècle.- Paris : Librairie générale française, 1975, p. 33, Le livre de poche).
"Un jour en classe on nous apprit une fable d'un roi qui avait un grand secret et ne devait le dire à personne. Un jour, n'en pouvant plus, il s'est couché dans les herbes et leur a tout raconté. Mais les herbes l'ont dit au vent, qui l'a dit à tout le monde. J'ai trouvé cette fable très jolie, mais, pas de veine, quand la maîtresse a interrogé et m'a demandé quel était le secret du roi, impossible de m'en souvenir. Et bien, a dit la maîtresse, il aurait mieux fait de te le dire à toi, et elle m'a collé un zéro, pour m'apprendre à écouter en classe." (Rochefort, Christiane. Les petits enfants du siècle.- Paris : Librairie générale française, 1975, p. 34, Le livre de poche).
"Tout de suite ce qui me manqua, c'est l'école. Pas tellement la classe en elle-même mais le chemin pour y aller, et, par-dessus tout, les devoirs du soir. J'aurais peut-être dû dire à l'orienteuse que j'aimais faire des devoirs, il existait peut-être un métier au monde où on fait ses devoirs toute sa vie. Quelque part, je ne sais pas. Quelque part." (Rochefort, Christiane. Les petits enfants du siècle.- Paris : Librairie générale française, 1975, p. 96, Le livre de poche).
"Nicolas était pressé de grandir. Tous les matins il se mesurait et faisait une marque dans le mur. Il mangeait des quantités de soupe, parce qu'il avait entendu dire que ça fait grandir. Je n'ai jamais vu un gosse manger autant de soupe." (Rochefort, Christiane. Les petits enfants du siècle.- Paris : Librairie générale française, 1975, p. 140, Le livre de poche).


















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