Marion Fayolle (Née en 1988) (9 Citations).
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| Source photo : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/saison-16/5631912-du-meme-bois-le-premier-roman-de-marion-fayolle.html |
Citations de Marion Fayolle. Article publié le 03/07/2025 à 9h02 et mis à jour le 23/10/2026 à 9h26.
"On ne remarque même plus que, dans son regard, il manque des lumières. Sa peine est trop épaisse. Une peinture mal diluée, opaque, étalée en plusieurs couches. Quand on le voit s'asseoir sur le muret juste devant la ferme, on voit s'asseoir le désespoir. Il a disparu derrière." (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 37).
"Ici, on fait toute sa vie sous la même toiture, on naît dans le lit de gauche, on meurt dans celui de droite et entre-temps, on s'occupe des bêtes à l'étable." (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 12).
"Il attrape par la pensée, les démons de la gamine, et ensuite ça le fait bâiller. Le guérisseur explique que tout ressort par sa bouche et s'en va. Il bâille, il bâille, ne s'arrête pas de bâiller. Qu'est-ce qu'il y en a, des choses à faire sortir !" (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 21).
"C'est pas toujours facile d'être un petit tout, d'avoir en soi autant d'histoires, autant de gens, de réussir à les faire taire pour inventer encore une petite chose à soi." (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 25).
"Ils s'imaginent partir en vacances. Ils n'ont jamais vu la mer. L'été, avec les foins, avec les bêtes, c'est pas possible d'aller sur la côte, même quelques jours." (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 31).
"Au verso de la liste des choses à faire, il y a celle des inquiétudes. Plus longue encore, qui s'entortille, qui fait des lassos, des tentacules, qui aimerait enlacer les gosses mais les étrangle." (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 33).
"De dos, le pépé et son frère, on pourrait les confondre, ils portent les mêmes casquettes, les mêmes bleus de travail, pourtant il y en a qu'un sur deux qui travaille. Avec leur corps, ils ne s'y prennent pas pareil. Le pépé est fier, tendu vers le haut, droit comme les étais qui soutiennent le plancher sous le poids des tracteurs. Ca se voit, même de loin, qu'il est solide, que c'est lui le plus gaillard. On dirait que c'est fait exprès, que ses parents l'ont conçu pour que son frère puisse s'y adosser." (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 37).
"Dans sa tête, c'est resté un gamin. Alors, vous imaginez bien que ce n'est pas facile quand il y a un si grand écart d'âge entre le corps et le dedans." (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 38).
"C'est la première fois que les petits veaux sortent de l'étable. Ca danse, ça explose, ça sursaute, ça s'entrechoque. Ils découvrent l'immensité, l'air, les couleurs du dehors. Ils ne savaient pas que leurs pattes pouvaient bouger si vite, que leur mère pouvait s'éloigner autant, que le sol pouvait se manger, qu'il existait un ciel avec des nuages et des oiseaux accrochés dedans." (Marion Fayolle. Du même bois : roman.- Paris : Gallimard, 2024, p. 65).

















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