Agota KRISTOF (1935 - 2011) (9 Citations).
Citations d'Agota Kristof. Article publié le 15/02/2024 à 14h17 et mis à jour le 15/08/2026 à 15h47.
"Ce que nous imprimons dans le journal est en contradiction totale avec la réalité. Nous imprimons tous les jours cent fois la phrase "Nous sommes libres", mais dans les rues nous voyons partout des soldats d'une armée étrangère, tout le monde sait qu'il y a de nombreux prisonniers politiques, les voyages à l'étranger sont interdits, et même à l'intérieur du pays nous ne pouvons aller dans n'importe quelle ville." (Kristof, Agota. Le Troisième mensonge : roman.- Paris : Seuil, 1991, p. 175).
"Ce qu'il y avait avant l'hôpital, je ne le sais plus. La maison aux volets verts dans une rue tranquille, la cuisine où ma mère chantait, la cour où mon père coupait du bois, le bonheur parfait dans la maison blanche était-il une réalité autrefois, ou bien l'avais-je seulement rêvé ou imaginé pendant les longues nuits de ces cinq années passées à l'hôpital ?" (Kristof, Agota. Le Troisième mensonge : roman.- Paris : Seuil, 1991, p. 28).
"Autrefois, quand je suis arrivé ici, c'était une petite ville charmante avec son lac, sa forêt, ses vieilles maisons basses, ses parcs nombreux. Maintenant, elle est coupée du lac par une autoroute, sa forêt est saccagée, ses parcs ont disparu, de hauts bâtiments neufs l'enlaidissent. Ses vieilles rues étroites sont encombrées de voitures jusque sur les trottoirs." (Kristof, Agota. Le Troisième mensonge : roman.- Paris : Seuil, 1991, p. 40).
"Pour gagner un peu plus d'argent, chaque fois que je le pouvais, j'allais à la gare y attendre les voyageurs. Je portais leurs valises. Ainsi j'ai pu acheter des feuilles de papier, un crayon, une gomme, et un grand cahier dans lequel je notais mes premiers mensonges." (Kristof, Agota. Le Troisième mensonge : roman.- Paris : Seuil, 1991, p. 54).
"Je dois me défendre. Je dois défendre Mère. Je ne veux pas que Lucas détruise notre tranquillité, nos habitudes, notre bonheur. Je ne veux pas de bouleversements dans notre vie. Ni Mère ni moi ne supporterions que Lucas recommence à fouiller dans le passé, à remuer des souvenirs, à poser des questions à Mère. Je dois à tout prix écarter Lucas, l'empêcher de rouvrir l'effroyable blessure." (Kristof, Agota. Le Troisième mensonge : roman.- Paris : Seuil, 1991, p. 112).
"Sandor fait des efforts pour se réveiller. Son rêve était ennuyeux. Il n'était même pas un cauchemar. Son rêve était une île déserte. Une île vraiment déserte, où il n'y a rien à faire." (Agota Kristof. Où es-tu Mathias ? Suivi de Line, le temps ; Postface de Marie-Thérèse Lathion.- Genève : Ed. Zoé, 2005, p. 4).
"Il doit traverser la vie. La vie ? Pourquoi ? Je l'ai traversée, et je n'ai rien trouvé." (Agota Kristof. Où es-tu Mathias ? Suivi de Line, le temps ; Postface de Marie-Thérèse Lathion.- Genève : Ed. Zoé, 2005, pp. 12-13).
"Mes parents m'aiment de toute façon. Mais l'amour de mes parents, ce n'est pas mon avenir." (Agota Kristof. Où es-tu Mathias ? Suivi de Line, le temps ; Postface de Marie-Thérèse Lathion.- Genève : Ed. Zoé, 2005, p. 21).
"Pendant dix ans, je suis venue dans ce parc tous les jours. Tu n'étais plus là. Le parc était là, plein d'enfants, de mamans, de jeunes filles, de vieillards. Plein de monde, et pourtant vide. Sans toi, pour moi, c'était un désert." (Agota Kristof. Où es-tu Mathias ? Suivi de Line, le temps ; Postface de Marie-Thérèse Lathion.- Genève : Ed. Zoé, 2005, p. 33).

















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