Négar DJAVADI (née en 1969 en Iran) (23 citations).
Citations de Négar Djavadi. Article publié le 07/01/2017 à 19h41 et mis à jour le 14/01/2026 à 14h50.
Conseil de lecture de Désorientale de Négar Djavadi.
"Le régime iranien marche sur deux jambes, comme tout régime totalitaire, l'idéologie et la terreur, et les deux baissent sérieusement. L'idéologie, alors là, plus personne n'y croit à leur idéologie, et la terreur aussi. Donc les gens n'ont plus peur. En fait, ce qui est extrêmement remarquable aujourd'hui [...], c'est que les gens ont de moins en moins peur." (Négar Djavadi Extrait d'interview sur France Info le 14/01/2026 à 7h29).
"La mémoire sélectionne, élimine, exagère, minimise, glorifie, dénigre. Elle façonne sa propre version des événements, livre sa propre réalité. (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, pp. 10-11).
"A vrai dire, ce n'est pas le français que je rejetais, mais l'obligation tacite, partagée par les élèves iraniens du lycée Razi, issus des castes élevées et pour certains outrageusement riches, de le considérer comme supérieur au persan". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 40).
"Une fois de plus, je sors de ma poche mon téléphone portable pour regarder l'heure. Cette fois, je le jette dans mon sac rempli à ras bord de toutes sortes de papiers et d'objets inutiles. Curieusement, la perspective d'y faire le ménage m'est plus désagréable que le fait de devoir remuer tout ce fatras pour trouver ce que je cherche". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 47).
"Je sais que chacune de ces femmes, et peut-être même de ces hommes, est capable de donner un rein ou son âme au diable pour avoir un enfant". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 48).
"Nous vivions à côté de lui, grandissions, mangions, réussissions des examens, ouvrions la porte d'entrée, tombions malades, obtenions des diplômes, fermions la porte d'entrée sans qu'il s'en aperçoive". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 49).
"Plus tard, nous avons compris que le détachement de notre père, qualifié par Leïli de comportement autistique, n'avait rien à voir avec l'amour qu'il nous portait. Il n'avait tout simplement pas le goût du quotidien et s'en tenait à l'écart avec une aisance déconcertante". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 50).
"L'Iranien n'aime ni la solitude ni le silence -tout autre bruit que la voix humaine, même le vacarme d'un embouteillage, étant considéré comme silence. Si Robinson Crusoé était Iranien, il se laisserait mourir dès son arrivée sur l'île et l'affaire serait réglée". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 53).
"Je suis devenue, comme sans doute tous ceux qui ont quitté leur pays, une autre. Un être qui s'est traduit dans d'autres codes culturels. D'abord pour survivre, puis pour dépasser la survie et se forger un avenir". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 54).
"Darius, je pense, détestait son père pour lui-même. Parce qu'il incarnait l'aveuglement et la crainte, la ruine de ce bien précieux qu'est la pensée". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 63).
"Grâce au progrès de la science, nous savons désormais que l'attirance entre les êtres est en partie due à une machine hormonale déclenchée au moment de la rencontre". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 82).
"Dites-vous qu'à partir du moment où les Etats-Unis mettent une main autoritaire sur la politique d'un pays, de l'autre ils lui fourguent toute sorte de produits militaires, industriels, culturels ou alimentaires". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 103).
"L'existence est ainsi faite que même au fin fond du drame il y a toujours une petite place pour l'absurde". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 158).
"Nous portons en nous un mécanisme de défense, un génie de survie, qui nous permet de prendre part au quotidien malgré l'horreur qui nous entoure. Il suffit de le mettre en marche et d'y croire". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 164).
"Les filles étaient élevées pour être le ciment de la famille, la colle qui maintient ensemble les générations, les maisons et les traditions. Elles étaient façonnées pour rester auprès des parents vieillissants et s'accomoder de la vie comme d'un pont à traverser". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 212).
"Il paraît qu'un jour l'humoriste américain Jack Benny a demandé à Sammy Davis Jr., rencontré sur un terrain de golf, à combien se montait son handicap. Celui-ci lui aurait répondu : "Je suis borgne, noir et juif, ça ne suffit pas ?". L'exil me rapprocha beaucoup de Sammy Davis Jr.". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 222).
"J'ai terriblement aimé l'enfance. Je l'ai aimée alors même que je la vivais, déjà consciente qu'elle était la période la plus heureuse de mon existence, au point d'avoir du mal à fêter mes anniversaires, sachant que chaque année écoulée me rapprochait un peu plus de l'âge adulte". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 261).
"J'étais certaine que devenir adulte privait plus qu'il n'accordait, empêchait plus qu'il n'autorisait. L'idée qu'un jour mon tour viendrait, que la vie me collerait au mur pour me dépouiller de moi-même, m'était insupportable". (In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 262).
"On croit communément que les grandes douleurs resserrent les liens. Ce n'est pas vrai de l'exil. La survie est une affaire personnelle". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 273).
"Elle voulait savoir comment ça se passait dans mon pays depuis la guerre et la chute de Saadam Hussein. Je lui répondis que je ne savais pas puisque je ne venais pas d'Irak, mais d'Iran. Elle fit une grimace et laissa échapper un "ah !" dubitatif avant de baisser la tête. On aurait dit qu'un échafaudage construit avec peine s'écroulait dans son cerveau". (Négar Djavadi In Désorientale. Paris : Liana Levi, 2016, p. 334).















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