Georges PEREC (1936 - 1982) (7 Citations).
Citations de Georges Perec. Article publié le 07/08/2021 à 11h54 et mis à jour le 22/10/2026 à 7h48.
"S'il y a un lac au milieu de ta tête, ce qui est non seulement vraisemblable, mais normal, encore qu'on ne puisse l'affirmer sans précautions, il te faudra un certain temps pour l'atteindre. Il n'y a pas de sentier, il n'y a jamais de sentier et, près des bords, il te faudra faire attention aux herbes, toujours dangereuses en cette époque de l'année. Il n'y aura pas de barques non plus, bien sûr, il n'y a presque jamais de barques, mais tu peux traverser à la nage." (Perec, Georges. Un homme qui dort. Paris : Gallimard, 2001, pp. 32-33, Folio ; 2197).
"Tu regardes le plafond et tu en découvres les fissures, les écailles, les taches, les reliefs. Tu n'as envie de voir personne, ni de parler, ni de penser, ni de sortir, ni de bouger." (Perec, Georges. Un homme qui dort. Paris : Gallimard, 2001, p. 21, Folio ; 2197).
"C'est à cause de cela, peut-être, que tu ne te promènes jamais avec un chien, parce que le chien te regarde, te supplie, te parle. Ses yeux mouillés de reconnaissance, ses airs de chien battu, ses gambades de chien joyeux, t'obligent sans cesse à lui conférer l'ignoble statut de la bête domestique." (Perec, Georges. Un homme qui dort. Paris : Gallimard, 2001, p. 42, Folio ; 2197).
"Parfois, tu rêves que le sommeil est une mort lente qui te gagne, une anesthésie douce et terrible à la fois, une nécrose heureuse : le froid monte le long de tes jambes, le long de tes bras, monte lentement, t'engourdit, t'annihile." (Perec, Georges. Un homme qui dort. Paris : Gallimard, 2001, p. 132, Folio ; 2197).
"Il avait l'air intelligent de l'indigène auquel Arthur de Bougainville demanda son chemin lorsqu'il débarqua de la gare de Lyon le 11 Septembre 1908." (Georges Perec. Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?.- Paris : Gallimard, 1982, Collection Folio, p. 61).
"Et si nous ajoutons qu'il était d'un naturel taciturne, qu'il avait comme l'air perdu dans un rêve intérieur, qu'il sortait de chez un coiffeur qui ne l'avait pas gâté, et qu'il tournait et retournait dans ses grosses mains velues son calot de drap rude, nous penserons avoir donné de cet homme un portrait suffisamment précis pour que, si d'aventure vous le rencontrez par hasard au croisement de la rue Boris-Vian et du boulevard Teilhard-de-Chardin, vous vous hâtiez de changer de trottoir [...]." (Georges Perec. Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?.- Paris : Gallimard, 1982, Collection Folio, p. 61).
"L'on servit quelque liqueur apéritive. Les soiffards que nous étions tous autant que nous étions (ai-je dit que nous étions la bonne douzaine au fait ?) s'y ruèrent comme la pauvreté sur le monde et comme la vérole sur le bas clergé breton." (Georges Perec. Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?.- Paris : Gallimard, 1982, Collection Folio, p. 62).


















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